Comment gagner la confiance de son perroquet ?

5 astuces faciles

Votre relation avec votre perroquet ne se déroule pas du tout comme prévu puisque dernièrement il a changé d’attitude envers vous? Malgré des débuts prometteurs, il est maintenant réticent à vos tentatives de contacts physiques?

Si vous vous demandez si c’est possible de renverser la vapeur, la réponse est «oui».  Je vous présente mes 5 astuces pour développer une belle complicité avec votre compagnon à plumes. Vous pouvez aussi visionner mon vidéo sur le sujet ici!

#1 Décodez le langage corporel de votre animal

C’est essentiel. Comment savoir si votre oiseau n’est pas constamment poussé hors de ses limites si vous n’arrivez pas à le lire? Difficile, n’est-ce pas? Parce que chaque individu est unique, il faut absolument observer ses réactions dans différents contextes et être attentif aux subtilités comme le positionnement de ses plumes ou encore sa posture. 

Évidemment, cela ne s’apprend pas en une semaine. Il faut y mettre le temps nécessaire et surtout interpréter le corps de l’animal dans son ensemble. Si l’on se fit uniquement à un seul critère comme la posture de l’oiseau, on risque fort de passer à côté du dessin d’ensemble. 

Parfois, notre interprétation du comportement animal est influencée par nos perceptions humaines. Un oiseau qui suit vos mouvements de danse peut effectivement partager un bon moment avec vous, mais c’est aussi possible que ce soit une manière agressive de réagir à une situation qui le rend inconfortable ou lui fait peur. 

En gros, ne laissez pas l’arbre vous cacher la forêt et rappelez-vous que le langage de votre perroquet est contextuel et qu’il doit être pris dans son ensemble.

#2 Associez votre présence à des choses que votre oiseau apprécie

Les récompenses alimentaires sont souvent recommandées et ce n’est pas pour rien. Le but n’est pas d’engraisser votre animal mais plutôt de développer rapidement une association positive. 

Pourquoi ne pas utiliser des récompenses verbales, tactiles ou sociales? Simplement parce que ces types de renforçateur sont des renforçateurs secondaires (ou conditionnels) qui dépendent donc de leur association avec d’autres renforçateurs.

La nourriture est un renforçateur primaire ce qui veut dire qu’elle est quelque chose que l’on aime de façon innée, quelque chose qui ne demande aucun apprentissage. C’est plutôt logique quand on y pense. Si les animaux n’étaient pas motivés à s’alimenter dès la naissance, ils mourraient de faim. Après, il faut comprendre que chaque aliment n’a pas la même valeur et surtout que c’est à VOTRE oiseau de décider de ses préférences. 

En résumé, apprenez à reconnaître les préférences individuelles de votre perroquet pour ensuite pouvoir les utiliser judicieusement. Ce sont de précieux outils de motivation.

Si, chaque fois que vous êtes dans les parages, des évènements considérés comme plaisant du point de vue de votre oiseau apparaissent, il vous associera à ces derniers et votre relation en sera améliorée.
L’oiseau qui s’éloignait le plus loin possible dans sa cage à votre approche vous attendra de plus en plus près, au fur et à mesure que sa confiance et son intérêt pour vous grandira. 

Vous n’êtes pas obligé de donner directement une récompense (lire renforçateur) dans le bec de l’oiseau à cette étape. Il suffit de la mettre dans le bol de nourriture avant de vous éloigner. Inutile de rester près de la cage si l’oiseau a peur de vous. Il faut simplement répéter cette étape autant de fois que l’oiseau en aura besoin pour développer de l’intérêt envers votre présence. 

#3 Donnez-lui du contrôle

En tant qu’humain, on a souvent peur de perdre le contrôle. C’est normal. On pense qu’il faut faire comprendre à nos animaux domestiques qu’ils ne doivent pas nous désobéir, que les ordres sont non négociables. On se dit: et s’il nous disait toujours «non» par la suite? Et si lui donner du contrôle débalançait notre relation et qu’il essayait de nous contrôler ensuite?

Pour commencer, il faut rationaliser. Vous êtes en contrôle. C’est vous qui décidé de l’environnement dans lequel votre oiseau vit, du nombre d’heures de sommeil qu’il a par nuit, de son alimentation, des jouets et des soins qu’il recevra, des gens qu’il va rencontrer, des récompenses que vous lui donnez, et j’en passe. 
Vous avez le contrôle, votre oiseau ne fera pas de vous son escale (vous ferez ce choix vous-même, croyez-moi). 

Rassuré?

Bon, maintenant parlons de ce que j’entend par contrôle. En fait, c’est de donner la chance à votre animal de s’exprimer. C’est aussi de montrer un profond respect pour ses choix. Par moment, il est possible qu’il n’ait pas envie de se faire toucher ou d’être dérangé. Ce n’est rien de personnel et cela ne le transformera pas en un perroquet capricieux ou têtu, au contraire. S’il vous indique son inconfort face à un objet ou une situation, lui permettre de se retirer ou éloigner l’objet en question est une façon de lui donner du contrôle. 

D’ailleurs, c’est une excellente façon de prévenir les agressions et les morsures dans la mesure où l’individu n’a pas à s’exprimer plus fort (lire: mordre) en tentant de faire fuir la menace avec des comportements que l’on considère moins appropriés. 

#4 Apprenez-lui les comportements essentiels en captivité

Les perroquets ont évolués pour survivre dans un milieu qui ne ressemble en rien à celui dans lequel ils doivent vivre dans nos maisons. Cohabiter avec des humains inclus devoir apprendre beaucoup de comportements et vous aurez compris qu’ils ne viennent pas «tout équipé». 

C’est donc à vous, propriétaires de perroquet de leur enseigner. 

Même s’il semble plus rapide d’attraper l’oiseau dans une serviette pour le retourner dans sa cage au lieu de lui enseigner étape par étape, il faut voir cela comme un investissement. Oui, sur le coup, vos atteignez les résultats escomptés en forçant l’oiseau mais sur le long terme, on détériore la relation avec lui et il ne vous fera jamais entièrement confiance.  

L’alternative que je vous propose, c’est d’enseigner à votre perroquet les comportements que vous jugez nécessaire dans votre colonie. Par exemple, lui apprendre à suivre une cible de manière à diriger l’oiseau sans manipulation. C’est un comportement très pratique si vous avez une famille nombreuse puisque tous pourront sortir et entrer l’oiseau de sa cage tout en diminuant considérablement les risques de morsures. 
De plus, on diminue aussi le stress de l’animal de façon significative lorsqu’il sait ce qu’on attend de lui et qu’on a pris le temps de lui enseigner comment se comporter. 

#5 Soyez son porte-parole

Ce que je veux dire par là, c’est d’être la voix de votre perroquet. Si vous avez des invités et qu’ils rendent votre oiseau inconfortable en mettant les mains dans la cage, c’est votre rôle de parler pour lui. Parfois, on hésite à intervenir car on ne veut pas créer une espèce de bulle autour de son perroquet, ni trop le couver.

Ce que je vous suggère c’est de vous assurer que vous ne laissez pas votre oiseau dans une situation qui le rend malheureux. Il compte sur vous pour lui rendre la vie plus agréable.

Andréanne Garneau, intervenante en comportement aviaire (CPBT-KA) & technicienne en santé animale

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